26 avril 2008
Le vote des élèves de l'école Thieurigne pour le prix des enfants du monde pour les droits de l'enfant
Le 14 avril dernier, les élèves de l'école Thieurigne à Médina ont voté pour le prix des enfants du monde pour les droits de l'enfant. Chaque année, des enfants du monde entier choisissent de récompenser une personne qui a mené des actions exceptionnelles en faveur des enfants. Ils choisissent parmi 3 candidats. Cette année, il y avait Joséfina Condori du Pérou pour son combat en faveur des jeunes filles domestiques, Agnes Steven des Etats-Unis pour son combat en faveur des enfants SDF et Somaly Mam du Cambodge pour son combat, long et souvent dangereux, pour libérer les filles qui sont vendues comme esclaves aux et dans les maisons de passe. Le vote pour le prix des enfants du monde pour les droits de l'enfant permets de sensibiliser les élèves aux droits des enfants et à la citoyenneté. Une belle initiative!
Plus d'info sur www.childrensworld.org
24 avril 2008
L'art de faire mousser le thé!
Les débutants ... Beginners...
Et les pros! ...and professionals!
So busy!
It is a while I haven't give you news but I have been so busy these last weeks! We worked almost all Saturday and even the 4th of April, the day of independance fest! But the work is very interested - so it is a good deal :) To summary - because I am still busy, finishing right now some documents before leaving...- we had severals meetings with learners, their bosses and some others actors interesting about child protection in Médina. We had to talk to them about AJE activies and sort out some problem. We also set up a Local Comittee of Child Protection with others organisations and local authorities. On 15th of April, learners received their certificate of participation in literacy classes and organised a party to celebrate it. They played football before the ceremony. I have already put some pictures of this important day waiting for more news ;)
The Fans :)
I was for the Blue but the Red won 2-0...:(
Learners with Hortense, their teatcher
Bosses were also there to compliment their learners - so happy!
Judith and René were there too And René played a funny game with them
With Momath, the President of the Comittee of Learners
And Hortense et Awa :)
02 avril 2008
AJE
AJE - Action Jeunesse et Environnement - c'est le nom de l'ONG avec laquelle je travaille. Il était temps que j'en parle!! C'est que j'ai tellement de chose à raconter sur AJE, sur ce que je fais avec eux et ce que j'apprends tous les jours, que je ne savais pas par quoi commencer! Aujourd'hui j'ai décidé de me lancer parce que vous êtes plusieurs à le demander et parce que sinon je serais déjà rentrée que vous ne serez toujours pas ce que j'ai fait ici!!!
Donc commençons par le commencement... AJE a été créée au Rwanda. Tout son travail repose sur la participation des populations concernées. Depuis 1998, la mission d'AJE au Sénégal est d'accompagner et appuyer les initiatives des enfants et des jeunes de milieux défavorisés, de rechercher avec eux des solutions pour les aider à mieux s'épanouir et de capitaliser les expériences des intervenants sociaux pour faire remonter les préccupations des enfants et des jeunes auprès des adultes responsables. AJE intervient à Dakar mais également à Thiès et Toubacouta.
Moi je travaille avec Awa au centre opérationnel de Médina - dit COP de Médina. Médina est un quartier populaire de Dakar - j'adore ce quartier et j'espère que je pourrai vous faire partager tout ce que j'aime ici en photos...même si ça va pas être facile d'en prendre - A Médina, nous travaillons essentiellement avec les apprentis cordonniers - bien que dans notre travail de recherche continue sur le terrain nous nous intéressons à tous les enfants vulnérables. Ces apprentis ont entre 10 et 20 ans. Ils sont là pour apprendre un métier. La plupart n'ont jamais été à l'école ou l'ont arrêtée très tôt. Ils travaillent dans des conditions difficiles bien que cela se fasse toujours dans une atmosphère familiale détendue. Ils travaillent beaucoup - du lundi au samedi, toute la journée et parfois jusqu'à tard dans la nuit s'il y a des commandes à terminer. Certains apprentis dorment dans les ateliers sur des matelas improvisés. Les ateliers sont très petits et mal aérés - l'odeur de colle est très forte à l'intérieur et il n'y a bien sûr pas de place pour des toilettes. Les apprentis ne sont pas rémunérés mais en principe leur patron leur donne un peu d'argent pour se nourrir et pour accéder aux édicules publics. Sinon ils se débrouillent. Quand ils se blessent, ils referment leurs plaies avec de la colle ou les brûlent. S'ils sont malades certains patrons les prennent en charge, d'autres les renvoient chez leurs parents au village. La durée de leur apprentissage n'est pas déterminée - elle varie d'un apprenti à l'autre entre 3 et 10 ans - et ils ne reçoivent aucune attestation à l'issue de leur formation. Après il leur faut rassembler une certaine somme d'argent avant de pouvoir ouvrir leur propre atelier et travailler à leur compte.
Pendant une an, AJE a mené une recherche action dans le quartier de Médina ce qui a permis d'identifier ces enfants vulnérables et d'évaluer avec eux leurs besoins. Sur cette base, elle a mis en place des activités autour de 3 axes: l'éducation, l'hygiène et la santé et le renforcement des capacités des acteurs en matière de droits de l'enfant.
Dans le cadre de l'accès à l'éducation, AJE offre aux apprentis des cours d'alpabétisation et organise des activités sportives et socio-éducatives (tournois de foot, ateliers théâtre). Les cours ont lieu 3 fois par semaine de 18h à 20h mais peu y viennent car il y a beaucoup de travail et les patrons ne les laissent pas partir. Nous faisons donc beaucoup de sensibilisation sur l'importance, tant pour les apprentis que pour les patrons, de savoir lire et écrire.
Dans le cadre de l'accès aux soins de santé et de la réduction des risques liés au travail, AJE organise des animations sur des thématiques de santé (Palu, VIH/Sida, hygiène dans les ateliers), elle a formé des responsables d'atelier sur les premiers secours et leur a distribué des boîtes à pharmacie. Elle a également mis en place un partenariat avec la mairie pour permettre aux apprentis d'accèder gratuitement aux toilettes et douches publiques. Dans le courant du mois d'avril, nous allons former un petit groupe d'apprentis sur le VIH/Sida pour qu'ils puissent sensibiliser leurs pairs.
Dans le cadre du renforcement de la capacité des acteurs en matière de droits de l'enfant, nous sommes en train de mettre en place au niveau de Médina un Comité local de protection de l'enfant et nous organisons des animations sur les droits de l'enfant. Je travaille particulièrement sur cet axe. J'ai notamment pour mission de capitaliser les pratiques d'AJE en matière de droits de l'enfant et de renforcer les outils disponibles. Au mois de février, j'ai animé avec Awa un cours d'alphabétisation sur le thème des droits de l'enfant. Les apprentis nous ont demandé à quoi cela leur servait de connaître leurs droits puisque dans leur réalité quotidienne ils n'étaient pas respectés. Ils nous ont demandé quels recours ils avaient pour faire valoir leurs droits. Du coup, je prépare une nouvelle animation sur les droits de l'enfant au Sénégal et les recours existants lorsque ces droits ne sont pas respectés. Mais pas toujours facile de trouver les informations...
Voilà, pour une première présentation d'AJE et de mon travail ici :)
D'autres infos sur le site web d'AJE: http://www.aje-sn.org/
I promise to tell you all as soon as possible :)
26 mars 2008
Astou
Ca y est! J'ai enfin été baptisée...avec un nom sénégalais!!!! Je m'appelle Astou! Astou Niane même! C'est Mme Sokhna Guéye Niane de l'association "Jiggen ak jabotam" (la femme et sa famille en wolof) qui m'a donné ce nom. Nous lui avons rendu visite ce matin pour la première fois pour lui remettre un rapport sur les droits de l'enfant auquel elle avait participé.
Elle m'a tout de suite demandé: "Notoudou?" (Comment tu t'appelles?)
J'ai répondu sans hésitation: Delphine!
Elle m'a dit: non non non Astou!!!!
C'était tellement spontanné que je l'ai adopté tout de suite!
Donc voilà, je suis heureuse de vous annoncer que je m'appelle Astou :)
I am very happy to announce you I got a new surname - a senegalese name: Astou :)
I was baptized this morning by Mrs Sokhna Guéye Niane from the association "Jiggen ak jabotam" (Woman and her family in Wolof). It was the first time we met up and she asked me: "Notodou?" (What's your name?)
I answered without hesitation: Delphine!
She said to me: no no no...Astou!!!!!
It was so spontaneous that I pick it up at once!
24 mars 2008
My home :)
So relaxed place....but unfortunately, mosquitos love it too!!!! :/
Laundry place ! yeahyeah, no washing machine....
21 mars 2008
Aldiouma
"Vendredi" en Wolof.
J'adore le vendredi! C'est le jour de la grande prière et ils mettent tous leurs plus beaux habits traditionnels. Les femmes portent des robes toutes aussi magnifiques les unes que les autres - colorées et taillées sur mesure - et les hommes avec leurs boubous sont vraiment trop beaux ;)
Moi aussi je veux une robe comme ça!!!!
"Friday" in Wolof.
I love Friday! It is the main prayer day and everybody wears its nicest traditional clothes. It just makes me happy to see all these colors and so good-looking people - women... and men - so handsome ;)
I want a dress like that too!!!!!
20 mars 2008
Le droit de jouer
Ce droit plus que tous les autres est LE droit des enfants. Parce que "l'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant." (Pablo Nerunda)
Ici, à Dakar, j'en croise tous les jours des enfants qui ne jouent pas. Il y a les apprentis cordonniers de Médina - ceux avec qui nous travaillons - ils passent leurs journées dans les ateliers et n'ont pas souvent l'occasion de se distraire. Il y a aussi les enfants talibés qui mendient dans la rue, exploités par leur Marabout. Et tous les autres enfants de la rue qui passent plus de temps à essayer de survivre qu'à s'amuser. Ces enfants ne jouent pas. Ils n'ont pas le temps ou pas l'espace.
La semaine dernière, à Empire des enfants - une ONG qui accueillent ces enfants - j'ai assisté à un spectacle de cirque. Si ce spectacle m' a autant touché ce n'est pas seulement parce que c'était du cirque et que les artistes étaient des enfants mais parce que c'étaient ces enfants pour qui le droit de jouer n'a été bien souvent qu'une belle déclaration. Ca m'a ému de les voir s'amuser. Il fallait les voir se suspendre comme des chimpanzés aux barres métaliques de la tente installée dans la cour, jongler comme des pros, faire du monocycle - même avec une jambe plâtrée -, ou encore s'accrocher à un trapèze suspendu dans les airs.
Le droit de jouer est souvent oublié et pourtant tellement essentiel dans la vie d'un enfant.
Pour en savoir plus sur Empire des enfants: http://empire.mosaiquedumonde.org/ ou http://empire-enfants.skyrock.com/
Right to play. This right more than all the others is THE Children's right. Because " the child who doesn't play isn't a child." (Pablo Neruda)
Here, in Dakar, everyday I meet children who don't play. There are the shoemaker learners - those we work with - they stay all day in their shops and don't often have the opportunity to have fun. There are the "talibé" children who beg in the street exploited by their Marabout. And all the others street children who spend more time fighting to survive than playing. They don't play because they don't have time or space.
Last week, at Empire des enfants - an NGO which welcomed these children - , I saw a circus performance. I loved it not only because it was circus and the artists were children but because for these children right to play have been often just a word. I was touched to see them having fun. They juggled as pro, unicycled - even with a plastered leg - and "flew" hanged on a giant trapezoid! It was amazing and nice.
Right to play is often forgotten and however so important in the life of a child.
12 mars 2008
Une école en Casamance
La Casamance - rien que le nom ça fait rêver! C'est une région, au sud ouest du Sénégal, enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissao. Là-bas, il y a des forêts sacrées...sûrement un endroit magique ;)
Je ne suis jamais allée en Casamance mais j'y ai "voyagé" le temps d'une rencontre avec Soeur Delphine - La première fois que je rencontre une soeur qui s'appelle Delphine! Pour elle c'était la première fois aussi qu'elle rencontrait une blanche qui s'appelait Delphine! Et pour la petite anecdote, elle fait partie de la même communauté que celles des soeurs de l'école où j'allais quand j'étais petite! C'est pas incroyable? Une soeur du fin fond de la Casamance qui connait les soeurs de Rodez? Soeur Delphine est Camerounaise mais elle vit en Casamance depuis maintenant 7 ans. Avec sa communauté, elle a fondé une école - maternelle et primaire. Quand elles sont arrivées, elles n'avaient rien et pendant 3 ans les enfants ont fait classes sous les manguiers - au risque de se recevoir une mangue sur la tête ou de se faire piquer par un serpent ou un scorpion. Grâce à la coopération allemande et de bonnes volontés, elles ont construit des salles de classes. Pour les fournitures scolaires ont leur envoie des cahiers, des craies, de la peintures et aussi des livres. Mais Soeur Delphine ne dort toujours pas. L'argent manque dans les caisses et elle ne sait pas comment elle va payer les éducateurs. Au début de l'année ça allait, mais là ça devient très difficile. Les parents payent 10 000 F par an (environs 15 euros) - ceux qui peuvent car elles ne réclament rien pour les enfants orphelins ou ceux dont les parents sont malades - mais ça ne suffit pas. Au premier semestre, elles pouvaient offrir un repas aux enfants le midi mais il ne leur reste plus aucun sac de riz. Une fois par mois, Soeur Delphine pèse les enfants. Dernièrement, il y en avait plusieurs qui étaient dans le "jaune" - seuil critique de malnutrition. Elle a convoqué les parents pour leur signaler mais elle sait que si leurs enfants ne mangent pas bien c'est parce qu'ils n'ont pas grand chose à leur donner.
C'est ponctué de sourires que Soeur Delphine m'a raconté cette histoire, mais j'ai senti qu'elle était très fatiguée. Je me demande comment elle va faire si elle ne trouve pas de financements et je pense à tous ces enfants pour qui le droit à l'éducation est loin d'être une évidence...
A school in Casamance... Casamance - I dream of it! It is the South-West part of Senegal, isolated between Gambia and Guinée Bissao. Over there, there are sacred woods...for sure a magic place...;)
I have never been in Casamance but I "travel" there while I was speaking with Sister Delphine - the first time in my life I met a sister called Delphine, and for her, also the first time she met a "white" called Delphine! The most unbelievable, she is from the same community as the sisters of the school I went when I was child!!
Sister Delphine is Cameroonian but she has lived in Casamance for 7 years. With her community, she founed a school. They didn't have anything when they arrived and during 3 years, the "class rooms" were under the mango trees even if it wasn't the best place - sometimes mangos droped on children and snakes and scorpions were around. Helped by the German cooperation and people of good will they built class rooms. For the school equipment, they received notebooks, chalks and books. But Sister Delphine can't sleep. There isn't enough money in the boxes and she don't know how she is going to pay the teachers. At the beginning of the year it was ok but it is getting very difficult. Parents pay 10000 F per year (about 15 euros) - those who can, orphans and ill parents don't pay - but it isn't enough. During the first semester, children could have lunch at school but they don't have rice bags anymore. Every month, children are weighed. Recently, several were in the "yellow" - grave limit of malnutrition. She informed their parents but she knows they can't give them more.
Sister Delphine was smiling all the time she told me this story, but I felt she is was very tired. I wonder how she is going to sort it out if she doesn't find any funding and I think about all these children for who the right to education isn't obvious...
10 mars 2008
Lutte sénégalaise
La lutte sénégalaise est le sport national. Hier, avait lieu une grande finale entre deux champions: Balla Bèye 2 et Gris Bordeaux - 98 contre 118 kg !! C'est le premier qui a gagné en terrassant son adversaire en à peine une minute et des poussières. En fin de journée, j'étais à Pikine, son fief, c'était la folie! Tout le monde courant dans les rues - un raz de marée humaine!
In Senegal, the favourite sport - even before foot -is wrestling. Yesterday, 2 champions fought : Balla Bèye 2 et Gris Bordeaux - 98 against 118 kg ! The first one won in 1 minute and few seconds... On evening I was in Pikine - his area - it was mad! People were running in the streets - and in my bus everybody was dancing!
Le résumé du match sur http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=16934&cat=sports
- Photo: L'observateur -


























